L’évidence est là : il devient de plus en plus difficile de se loger en Auvergne-Rhône-Alpes, dans cette région à forte attractivité qui compte 12 départements et où la production de logements abordables a chuté de 32 % entre 2016 et 2024. Au-delà de la pression foncière en milieu urbain, les secteurs ruraux présentent eux aussi des problématiques saillantes de mal-logement. « Notre défi à l’agence, c’est d’être connecté avec différentes réalités de territoire et de développer des alliances avec des acteurs de proximité, associations ou institutions pour construire des logiques d’action communes et lutter contre toutes les formes de mal-logement »,précise Vanessa Brossard, directrice de l’agence AURA de la Fondation. Outre ses actions de plaidoyer, notamment à l’occasion des élections municipales de mars dernier où elle interpelle les nouveaux élus sur leur pouvoir d’agir en matière de logement et d’hospitalité, la Fondation développe plusieurs axes de réponses aux problématiques régionales qu’elle connaît bien. Elle soutient tout d’abord les solutions d’habitat alternatif dédiées aux personnes les plus exclues du logement. Qu’il s’agisse du projet « Zone Libre », à Villeurbanne ou encore des maisons accueillantes dans la Drôme ou dans l’Ain, l’objectif est d’accompagner globalement les plus précaires dans le logement, l’accès aux droits et l’insertion.
Diversité des projets, pluralité d’actions
« Nos soutiens sont d’une grande diversité : avec telle association, on montre qu’il est possible de réouvrir un restaurant avec des personnes qui ont connu la rue, qui sont logées sur place et qui intègrent l’équipe de restauration ; avec un autre partenaire, nous développons la prévention dans le parc social et agissons contre les dettes de loyer et les procédures d’expulsion ; enfin, avec des collectifs citoyens, des maisons ou des immeubles sont loués ou achetés en zone rurale permettant de loger des personnes en attente de régularisation depuis des années », note Vanessa. Dans les territoires ruraux comme en Drôme et Ardèche, la Fondation vient également en appui des communes volontaires pour lutter contre le phénomène de « cabanisation » et améliorer les conditions de vie des ménages en grande précarité, notamment grâce à des partenariats de longue date, comme avec l’association des Compagnons Bâtisseurs ou avec la MSA et Soliha Drôme dans une action ciblant les exploitants agricoles en habitat précaire. Autre partenariat historique, celui qui lie la Fondation à l’« Association lyonnaise pour l’insertion par le logement » (Alpil) qui tient depuis 2008 une permanence d’accès aux droits sur le logement où sont reçus près de 3000 ménages chaque année. Enfin, l’agence porte l’enjeu de « faire mouvement » aux côtés des personnes mal logées et de renforcer la citoyenneté. « Défendre les droits des locataires, renforcer la visibilité des mères isolées en situation de squat avec un film documentaire… ces dynamiques citoyennes sont très précieuses pour lutter contre l’invisibilité et le mal-logement. »