À l’occasion de la publication de son éclairage sur l’état du mal-logement en Bretagne ce mercredi 27 mai et en cette année d’élections municipales, la Fondation pour le Logement (anciennement Fondation Abbé Pierre) a interpellé de nombreux candidats aux fonctions de maires et de vice-présidents d’intercommunalités sur les causes et les conséquences du mal-logement sur les ménages ruraux vivant en Bretagne.
La crise du logement frappe durement les locataires qui ont de plus grandes difficultés à payer leur loyer (+ 27 % de commandements de payer dans le Finistère, doublement des assignations en expulsion en Ille-et-Vilaine). On constate également une augmentation de 43 % des demandes d’expulsions par les forces de l’ordre dans le Finistère. Enfin, les demandes de logements sociaux ne faiblissent pas (99 036 demandes pour un parc social régional de 195 000 logements), alors que le délai moyen d’attribution d’un logement social de 23,3 mois a augmenté encore de 2,2 mois en seulement un an.
« Il y a urgence localement, au regard des politiques nationales insuffisantes, à répondre à la détresse des administrés qui subissent chaque année une crise du logement plus intense. », s’inquiète Stéphane Martin, directeur de la Fondation pour le Logement en Bretagne. « Et sur le plan de la précarité énergétique et de la lutte contre l’habitat dégradé, les résultats sont loin d’être à la hauteur des enjeux, c’est pourquoi nous nous sommes saisis des récentes élections municipales pour alerter les candidats sur les risques pour les ménages bretons de vivre dans de telles conditions. », complète Stéphane Martin.
En milieu rural, qui représente 1,8 millions d’habitants et 54 % des habitants de la région, la lutte contre le mal-logement est globalement un angle mort des politiques publiques nationales et locales. Pour pallier ces manquements, la Fondation pour le Logement en Bretagne a investi depuis 2018 les territoires ruraux pour repérer, accompagner et traiter le mal-logement en dialoguant avec les politiques publiques locales pour faire émerger un écosystème de traitement et des réponses efficientes aux profit des ménages les plus précaires.
Après 5 années de travail spécifique sur cette problématique, une étude d’impact indépendante des actions de la Fondation sur le pays du Centre Ouest Bretagne est également publiée à l’occasion de la sortie de son éclairage régional sur le mal-logement. Les résultats et conclusions de l’étude montrent la plus-value d’une prise en charge de proximité des problématiques de mal-logement, d’une animation et d’une coordination locale en faisant converger les dispositifs (cellules mal-logement, sdime, fonds d’aides ad hoc, etc.), les acteurs (opérateurs, associations spécialisées) et les compétences dans les domaines de l’habitat et du social (État, département, région et EPCI).
L’éradication du mal-logement en secteur rural réside dans la nécessité d’un repérage des ménages concernés, un accompagnement flexible et l’intervention du maire, trop souvent en retrait sur ces questions. La Fondation pour le Logement encourage les exécutifs locaux à s’emparer de ces publications et à écouter les témoignages de ménages aidés pour prendre conscience qu’il est possible de venir à bout de toutes les formes de mal-logement en milieu rural.
L’éclairage de la Fondation sur le mal-logement en Bretagne, ainsi que l’étude d’impact indépendante seront présentés aux nouveaux élus du territoires et des espaces ruraux bretons jeudi 28 mai 2026, à Carhaix. Inscription ici.