Claire espère avoir terminé les peintures dans sa maison avant l’été. « C’est plus long que je ne pensais, mais ça avance quand même et surtout, maintenant, je me sens bien chez moi. La maison était devenue un poids pour moi, je ne m’en sortais pas avec tout ce qu’il fallait faire… Et l’électricité, surtout, cela me faisait peur. Aujourd’hui, je peux me projeter, j’ai des perspectives. »
Isolation totale des murs de façade par l’extérieur, installation d’un poêle à granulés en remplacement de la chaudière à gaz vétuste, réfection de la toiture et surtout, mise aux normes de l’électricité… les travaux ont débuté fin 2024 dans cette maison de 75m2 située non loin du centre-ville, dans le quartier populaire ancien du Havre. Avec la réhabilitation globale de la maison devenue performante énergétiquement, la facture énergétique de la propriétaire bénéficiaire des minima sociaux a très nettement baissé.
« Je viens de passer mon 1er hiver, c’est incomparable ! J’ai diminué des 2/3 ma facture de chauffage en passant du gaz aux granulés. Je ne pensais vraiment pas que la rénovation irait jusque-là. Au départ, l’isolation et l’électricité, je me disais que c’était déjà très bien et quand on a parlé aussi de changer la chaudière et de refaire la salle-de-bains, je n’y croyais pas. J’avais peur du reste-à-charge que je ne pouvais pas assumer… »
La Fondation est intervenue financièrement aux côtés de l’État, du Département et de l’Intercommunalité. Avec un soutien financier à hauteur de 28 %, elle a permis à Claire de n’avoir que très peu de reste-à-charge et d’améliorer efficacement définitivement ses conditions de vie dans sa maison.
« C’est vrai que sans l’aide de la Fondation, nous n’aurions pas pu aboutir à une rénovation globale du logement de Madame, le reste-à-charge aurait été trop important pour elle.
Depuis 2022 et le début de notre collaboration avec la Fondation, nous avons de plus en plus de cas où nous réussissons à remettre en état et de manière pérenne de l’habitat très dégradé, du gros œuvre jusqu’aux finitions, pour améliorer les conditions de vie d’habitants en situation de précarité, en réduisant le reste-à-charge pour les propriétaires en difficulté », précise Sophie Adeyema, chargée de l’accompagnement et de la coordination de la lutte contre l’habitat indigne, au Havre Seine Métropole.
« Je pensais même vendre… »
« Quand la Communauté urbaine « Le Havre Seine Métropole » est venu pour faire un diagnostic, ça a été tout de suite un soulagement, car ils m’ont dit qu’il pouvait intervenir et m’aider. J’étais en train de baisser les bras et je pensais même vendre… »
Pendant les 4 mois de travaux, Claire a vécu à proximité, chez sa mère, avec ses deux adolescents. « Ça n’a pas été facile pour eux, l’aîné passait le Baccalauréat. Mais ils sont très heureux de voir le résultat, comme moi. Aujourd’hui, la vie dans notre maison est incomparable avec celle que nous avions avant. »
« L’électricité était à refaire complètement, il y avait un risque d’incendie. On est également intervenu sur la souche de la cheminée et on a amélioré le confort de la salle de bains. Après étude, le choix du poêle à bois s’est révélé moins cher à l’usage que le gaz et plus performant pour chauffer les pièces de vie ; enfin, la propriétaire s’est beaucoup impliquée dans les travaux, autant qu’elle le pouvait ; elle a notamment réalisé les enduits et les peintures, en prenant à sa charge les dépenses de ces postes. Pour cette situation d’habitat dégradé, nous avons été contactés par son voisin que nous avions aidé auparavant », précise Quentin Racine, chargé d’opérations.
Pour réduire au maximum le coût des travaux et finaliser l’opération, la Communauté urbaine « Le Havre Seine Métropole » a sollicité un chantier d’insertion pour désencombrer le jardin après le gros œuvre ; la propriétaire a souhaité participer pour moitié au paiement de cette prestation.