« Courir pour la Fondation, ça cochait toutes les cases ! »

17.06.2026
4 min

Yves a vécu sportivement « sa crise de la quarantaine », comme il le dit lui-même. « Je me suis mis à la piscine, puis à la course à pied. C’était il y a 7, 8 ans. J’ai d’abord fait de petites distances, puis des plus grandes et pour finir, cette expérience extraordinaire de courir l’Ultra Trail du Mont-Blanc (UTMB), en 2025. »

Cet agriculteur bio a repris la ferme de ses parents il y a 22 ans, au nord de Rennes. Sur place, avec 11 salariés, il élève des vaches et produit des laitages vendus en circuit court. L’emploi du temps est serré et c’est au téléphone dans sa voiture qu’il nous raconte comment il est devenu donateur de la Fondation, en 2023.


« J’ai la chance d’avoir une belle maison qui nous appartient, avec ma femme et nos trois enfants. Ce n’est pas le cas pour tout le monde et quand je regarde les statistiques de la Fondation, je me dis qu’on ne peut pas laisser toutes ces personnes à la rue ou en galère. Donner pour aider celles et ceux qui sont en difficulté, ça tombe sous le sens pour moi qui ait la chance d’être heureux. »

Chaque année, avec sa femme, Yves choisit 3 associations. Maintenant que les enfants ont grandi, ils en parlent ensemble.  « Pour nous, c’est important d’aider notre prochain, de parler de la situation des plus démunis ; on en discute avec nos deux aînés de 16 et 14 ans, sans les culpabiliser non plus. On essaye de leur partager nos valeurs. »

En 2024, lorsque la crise abbé Pierre est survenue, Yves n’a pas lâché la Fondation, au contraire. « Je me suis dit, il ne faut surtout pas arrêter de donner maintenant, il faut aider la Fondation à poursuivre ses missions ; quand mon ami m’a parlé de l’UTMB et m’a dit qu’il y avait des dossards solidaires, je me suis dit, courir pour la Fondation, ça coche toutes les cases ! »

« La Fondation a besoin de visibilité »

En août dernier, Yves était donc sur la ligne de départ. 44 heures de course non-stop plus tard, il franchit la ligne d’arrivée et en parle encore avec émotion près d’un an plus tard. « J’aime bien les challenges. J’ai fini 1184e, au milieu du tableau, c’est affiché dans mon bureau. Ce trail, c’est une expérience extraordinaire. On a eu des conditions de folie au départ, la pluie puis -7° la nuit… il y a eu beaucoup d’abandons. Je me suis changé 7 fois sur le parcours. L’ambiance était formidable, au ravitaillement et sur toute la course ; ma famille a été au top pour me soutenir aussi tout au long du parcours…Et le mardi suivant, j’ai repris le boulot ! »

Cette année, Yves ne prendra pas le départ de l’UTMB. Il a promis à sa famille de faire une pause sur ses multiples entrainements. « Du coup, j’ai proposé à mon ami qui m’avait parlé de cette course incroyable, de lui offrir le dossard. Comme ça, c’est à son tour et moi, je suis partant de soutenir une fois encore la Fondation de cette manière. Ce trail, il apporte de la visibilité et après ce que la Fondation a traversé, elle en a besoin. En tout cas, je pense que ça peut lui être utile. » Yves sera sans doute quelques jours à Chamonix, du 24 au 30 août prochains, du côté des supporters cette fois-ci. Une autre expérience à vivre, c’est certain, mais avec toujours le même enthousiasme.