En 2017, l’étude « Ancrages et besoins des habitants permanents de résidence mobile – Analyse nationale des politiques Départementales » comptait 208 000 voyageuses et voyageurs vivant en résidence mobile en situation de mal-logement, un chiffre aujourd’hui intégré aux 4,2 millions de personnes mal logées en France selon la Fondation pour le Logement.
Cette nouvelle étude vise à mettre à jour la connaissance des situations de mal-logement de ce public et à documenter leurs conséquences. Elle aborde le mal-logement sous l’angle de la précarité du statut d’occupation, à laquelle ces personnes sont particulièrement sujettes en considérant les spécificités de l’habitat mobile en caravane, au centre des pratiques contemporaines des communautés.
Cette étude s’inscrit dans le sillage de différentes publications récentes de la Cour des comptes et de la DIHAL, qui regrettent une méconnaissance persistante de cette population, la mise en œuvre partielle de la loi Besson du 5 juillet 20003, liée en particulier au non-respect des obligations légales des collectivités locales en matière d’habitat, le manque de réponses aux besoins d’ancrage territorial des populations et enfin, les inégalités sociales, scolaires, démocratiques criantes auxquelles font face les voyageuses et voyageurs.
177 000 voyageuses et voyageurs privées de droit au logement
Les voyageuses et voyageurs sont confrontés à différentes formes de mal-logement caractérisées par l’instabilité et la précarité résidentielle. Ces différentes formes, qui peuvent se recouper et/ou se succéder au cours du parcours résidentiel des individus.
Si ces diverses formes donnent lieu à des conditions de vie variables, elles témoignent toutes d’une précarité de l’habiter des personnes concernées.
Les politiques d’accueil et d’habitat contribuent en outre à la relégation socio-spatiale de ces populations. Aujourd’hui, près de 177 000 voyageuses et voyageurs sont mal logés en France, soit entre 35 % et 70 % d’entre eux, à en croire l’estimation d’une population totale comprise entre 250 000 et 500 000 de personnes en France hexagonale. Cette proportion est alarmante et doit faire l’objet d’une attention particulière de la part des acteurs publics et de la société civile.