Que révèle l’étude sur la promotion de la santé des femmes sans domicile et en grande précarité effectuée au sein de votre accueil de jour ?
« Depuis 2004, notre Accueil de jour « Le local des femmes » travaille sur le bien-être du corps avec les personnes accueillies ; petit à petit les questions de santé ont été abordées et nous avons ouvert des permanences santé en 2014, avec une sensibilisation collective et individuelle des personnes. Aujourd’hui, nous avons une infirmière-médiatrice santé qui a rejoint notre équipe composée de 4 travailleuses sociales ; ce sont toutes les questions relatives à la santé mentale et physique qui sont désormais abordées quotidiennement. L’infirmière a permis de concrétiser l’accès aux soins dans notre Accueil de jour. L’étude réalisée pendant 9 mois par 2 consultantes nous a offert une nouvelle étape, celle de la mise en lumière de tout le travail que nous faisons sur place, sachant que 60 % de notre public accueilli n’a ni accès au logement ni à l’hébergement et que nous sommes sur un territoire très tendu en termes d’accès aux professionnels de santé. »
Y a-t-il une spécificité des femmes par rapport à l’accès à la santé ?
« Les femmes que nous accueillons et qui ont été sollicitées pour l’étude sont des femmes en grande précarité : des femmes en situation de grande marginalité, qui ont connu de longs parcours de rue, des femmes migrantes, inscrites dans des parcours d’exil, des femmes en situation de précarité, mais plus “insérées” et connaissant une relative stabilité résidentielle. Elles sont pour une large majorité sans domicile personnel et à la rue, en hébergement d’urgence, mais également souvent chez des tiers de manière instable, précaire et insécure. Elles sont ou ont été, pour la plupart, victimes de violences diverses, conjugales, sexistes et sexuelles… Elles sont particulièrement concernées par le non-recours et le renoncement aux soins. Au « Local des femmes », on travaille de plein de manières différentes pour accompagner les femmes dans leurs démarches de santé : l’accès au médecin généraliste ou aux spécialistes, la prise de rendez-vous médical et l’accompagnement sur place si besoin, les visites des personnes hospitalisées, l’orientation médicale approfondie en fonction des besoins, l’entrée dans des dispositifs médico-sociaux… Pour nous, l’accès à la santé fait totalement partie de notre accompagnement des femmes en grande précarité. »
La réalisation de cette étude a-t-elle eu un impact sur l’équipe ?
« Entre la réalisation de l’étude en 2025 et sa restitution publique en juin dernier, nous avons pu prendre conscience de la spécificité de notre accompagnement, en soulignant que nous ne sommes pas un lieu médicalisé mais bel et bien un lieu d’accueil où la santé est une question centrale. Cela nous a donné de la visibilité, notamment au niveau de nouveaux partenaires et cela nous a permis de mettre des mots et du sens valorisant nos actions quotidiennes aux côtés des femmes en galère. Quant à la Fondation pour le Logement, elle continue de soutenir notre travail. »