« Ici, c’est le seul endroit où je respire ! »

28.04.2026
3 min
Crédit : Marine Lotz

Son pseudo est « Johanne », elle est lyonnaise. Victime de violences, elle se retrouve à la rue pendant plusieurs mois, dont l’hiver 2024. « C’était très dur, particulièrement la nuit quand il fait froid. Je suis passée par le 115, mais là aussi, la violence et le harcèlement sont quotidiens… j’ai ensuite été hébergée chez un pote, mais je n’ai pas pu rester longtemps, avec lui aussi je ne me sentais pas en sécurité et son logement était insalubre. »

Les semaines de galère s’enchaînent et pour éviter le danger, Johanne fuit même les distributions alimentaires et les maraudes où « les femmes sont des proies dès que la nourriture est distribuée ; je préférais ne pas manger plutôt que me jeter dans la gueule du loup », confie-t-elle de manière imagée.

Et puis, un jour, quelqu’un lui parle de « La Toile », un accueil de jour dédié aux femmes et minorités de genre, qui s’est ouvert en 2023, sur le plateau de la Croix Rousse. L’an dernier, cet accueil de jour dédié aux personnes en grande précarité, sécurisant et unique dans la région, en a reçu un peu plus de 320 ayant eu un parcours de rue.

Depuis 2 ans, grâce au soutien financier de la Fondation, 30 personnes accueillies sont domiciliées en simultanée au sein de « La Toile », ce qui leur permet de bénéficier d’un accompagnement social global, en plus d’avoir une adresse.

« Notre accompagnement se fait sous la forme d’entretiens individuels réguliers et aussi longs qu’il le faut. 100 % des personnes que nous accueillons ont été ou sont victimes de violence. Le suivi est spécifique et personnalisé, qu’il s’agisse de l’accès au logement ou à l’hébergement ; de démarches administratives, de santé et de soins, d’insertion… 3 salariés et 40 bénévoles sont à la disposition des personnes, âgées de 18 à 80 ans », précise Marie Villard, co-coordonatrice et co-fondatrice de l’association.

Se sentir aimé

« L’adresse de domiciliation, c’est primordial. Mais ici, ce que l’on a en plus, c’est de se sentir aimé ; on est accueilli comme dans une famille. J’apprécie vraiment l’accompagnement qui est global, il concerne le logement, l’hébergement, l’emploi, la santé… il est vécu au quotidien ; on est guidé dans nos pas, on apporte des réponses à nos besoins car « La Toile » a de nombreux contacts dans son réseau. Il y a chaque jour une écoute, une analyse, une médiation qui fait que l’on n’est jamais seule. Dans tout mon parcours, c’est la seule association qui m’ait apporté tout ça », précise Johanne, 49 ans, qui connaît parfaitement les horaires et fréquente l’accueil de jour dès son ouverture et jusqu’à sa fermeture, les lundi, mercredi, jeudi et vendredi.

«  Je me rends compte aujourd’hui combien j’ai été tout le temps en hypervigilance, en alerte, sans arrêt. Combien c’était fatiguant, surtout quand on sait qu’il n’y a qu’un seul centre d’hébergement d’urgence dans le Rhône et que les nuits à l’abri sont rares… La Toile, c’est un lieu qui me permet de me sentir à nouveau bien, à l’intérieur comme à l’extérieur. »