En 2023, 15,4 % de la population française vivait sous le seuil de pauvreté, soit près de 10 millions de personnes.
« Ce chiffre de l’Insee paru début juillet est effrayant et il témoigne d’un échec grave des politiques publiques. Derrière les chiffres de la pauvreté monétaire, ce sont en effet près de 10 millions de personnes qui souffrent de conditions de vie indignes, qui n’arrivent pas à répondre à leurs besoins vitaux ; qui n’ont pas accès à leurs droits… Le tribut payé par la société est très lourd aujourd’hui : l’absence de volonté politique et de moyens mis en oeuvre est inacceptable et les plus démunis ainsi que les associations en sont les premières victimes. Il faut impérativement donner des ressources financières aux associations pour répondre à l’urgence sociale. C’est la priorité des priorités, il faut répondre aux besoins vitaux de millions d’individus. Après, vient le temps de la concertation et de l’élaboration d’une politique cohérente qui s’attaque véritablement aux causes de la pauvreté dans notre pays, et cela concerne tous les secteurs de la politique publique. Il faut que la réalité sociale de ce qui se vit dans notre pays fasse partie du débat public, ce n’est pas le cas aujourd’hui. »
Est-ce l’objectif du Collectif pour l’élection présidentielle de 2027 ?
« Absolument. Le Collectif travaille depuis plusieurs mois sur un socle d’engagements liés à la réalité sociale et nous voulons porter la prise en compte de la pauvreté dans la campagne présidentielle. La pauvreté ne peut plus être un angle mort du débat public. Il faut en finir avec la culpabilisation des plus pauvres, il faut un véritable sursaut collectif que nous voulons susciter. L’enjeu majeur de cette élection présidentielle, c’est de sortir de cette pente catastrophique vers l’indifférence sur laquelle nous glissons. J’ai de l’espoir, je suis combatif et opiniâtre et je suis convaincu que nous pouvons nous ressaisir collectivement pour faire renaître le contrat social qui est le fondement de notre République. Notre contrat social, c’est s’assurer les uns les autres par rapport aux risques de la vie. C’est lui qui nous permet de faire véritablement société, en garantissant à chacune et chacun d’entre nous l’accès aux droits essentiels. Il faut revenir aux sources du contrat républicain et c’est bel et bien l’objectif du Collectif avec un socle d’engagements que nous allons présenter aux candidats dans le cadre de cette campagne présidentielle 2027 en leur demandant de s’engager devant les Français à le faire vivre, à faire vivre les promesses républicaines en lien avec ce contrat social. »
Dans ce contrat social, quelle place occupe la prévention ?
« Une place essentielle. On sait toutes et tous que le coût de l’inaction politique par rapport aux inégalités sociales et au dérèglement climatique est énorme. Pire encore, elle aggrave la situation, alors même qu’il est possible de mettre en place un modèle social efficace qui s’appuie notamment sur la prévention. Investir dans la prévention est primordial. Plus on accompagne tôt les personnes en difficulté, victimes d’accidents de la vie, plus on combat la reproduction de la pauvreté et ses conséquences sur les personnes, dont un nombre croissant d’enfants. Ce qui est terrible aujourd’hui, c’est que notre société a développé une indifférence à la question sociale et à la lutte contre les inégalités. On ne doit pas laisser faire, on ne doit pas renier notre République sociale. »