… et aucune réaction pour enrayer ce fléau du côté du gouvernement.
En 2025, 30 500 expulsions locatives ont eu lieu avec le concours de la force publique*. Un chiffre d’autant plus inquiétant qu’il est largement sous-estimé, puisque deux à trois fois plus de personnes partent d’elles-mêmes avant intervention des forces de l’ordre, de peur de subir une expulsion brutale. Elles sont près de 200 000 à avoir subi ce traumatisme en 2025.
Face à ce drame social inacceptable, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, semble peu enclin à développer une politique de prévention en mesure de soutenir les familles en difficulté. Pire encore, un durcissement de la législation vers davantage de répression est à l’étude, alors que la Fondation dénonçait déjà en mars dernier, à la fin de la trêve hivernale, les effets dévastateurs de la loi dite Kasbarian de 2023 qui a accéléré le rythme des expulsions, notamment en raccourcissant et en durcissant les délais de paiement.
Les choix politiques récents sont plus qu’inquiétants car ils fragilisent fortement les plus vulnérables d’entre nous qui peuvent basculer brutalement, du jour au lendemain, dans la pauvreté et l’exclusion. Alors que l’expulsion locative a des conséquences graves sur la santé physique et psychologique des ménages, qu’elle a de lourdes répercussions sur l’emploi, sur la vie sociale et professionnelle, sur la scolarisation des enfants, il apparaît clairement que l’État fait le choix de la sanction au détriment de la prévention. Nous ne pouvons continuer ainsi.
Il faut absolument que cette dynamique d’accélération des expulsions locatives soit stoppée. La détresses et la souffrance de dizaines de milliers de personnes doivent être considérées et des mesures d’accompagnement doivent être déployées pour leur venir en aide. C’est une question de dignité et de cohésion sociale.
*D’après les données de la Chambre nationale des commissaires de justice publiées mardi 17 mars 2026.