Créées par la loi ALUR de 2014, les CIL devaient contribuer à faire évoluer les politiques d’attribution des logements sociaux, en renforçant la transparence, la coordination entre les acteurs et la prise en compte des ménages prioritaires et des plus modestes. Dix ans après, quel bilan peut-on tirer de cette réforme à partir de l’exemple francilien ? Quelle place les associations ont-elles réellement pu prendre dans cette nouvelle gouvernance ? Quels effets leur mobilisation et leur plaidoyer ont-ils permis d’obtenir ?
La réforme a progressivement rendu les politiques d’attribution plus visibles et davantage objectivables, mais sa mise en œuvre a été lente et demeure très inégale selon les territoires. Si les principaux outils sont désormais largement déployés, leur appropriation et surtout leur traduction concrète dans les pratiques d’attribution restent très variables.
De plus, les résistances restent nombreuses. L’appropriation de la gouvernance intercommunale demeure inégale, et les objectifs de mixité sociale et d’accès au logement des ménages les plus modestes continuent de se heurter à des logiques locales de peuplement. La mise en place des outils prévus par la réforme ne garantit pas, à elle seule, une évolution des pratiques.
Dans ce contexte, la participation des associations est essentielle pour porter la voix des demandeurs, questionner les résultats et alerter sur les situations les plus critiques. Mais leur mobilisation ne peut suffire : l’effectivité du droit au logement suppose également une volonté politique forte, des outils d’évaluation réellement opérants et une mobilisation durable de l’ensemble des acteurs.
Alors que certains interrogent aujourd’hui l’avenir de la gouvernance des attributions, cette note rappelle l’importance de préserver les acquis de la réforme et de renforcer la transparence, l’équité et les mécanismes de contrôle.
L’attribution des logements sociaux doit constituer un choix collectif en faveur de l’effectivité des droits et de la réduction des inégalités territoriales.