« Quartiers chauds » : les quartiers populaires surexposés aux canicules

18.06.2026
Mis à jour le 17.06.2026
4 min
Crédit : Yann Levy

La Fondation pour le Logement (anciennement Fondation Abbé Pierre) publie une étude inédite sur la précarité énergétique d’été et analyse la surexposition des quartiers populaires au phénomène des logements-bouilloires. Elle dénonce l’inaction du gouvernement et propose des pistes d’action concrètes.
 
La précarité énergétique d’été en 2026 : un phénomène massif et inégalitaire
– 5 700 personnes sont mortes à cause de la chaleur en France en 2025.
– 66 % des Français ont des difficultés à supporter la chaleur dans leur logement[1].
– Les plus pauvres sont 2 fois plus touchés par la précarité énergétique que les plus riches[2].
1 logement sur 2 ne protège pas des fortes chaleurs et peut se transformer en véritable bouilloire[3].
– Plus de 40 % des logements ne sont pas pleinement équipés de volets, qui sont pourtant indispensables pour empêcher la surchauffe.
– Le taux de climatisation a plus que doublé en 10 anspour atteindre 34 % en 2026[4]. Une climatisation efficace et bien utilisée peut être nécessaire, notamment dans les lieux accueillant des personnes fragiles, mais seulement si les autres équipements sobres ont déjà été installés (protections solaires, brasseurs d’air, etc).
 
Les quartiers populaires en première ligne
La Fondation pour le Logement montre également que les habitants des quartiers populaires font partie des plus vulnérables à la chaleur dans le logement, en raison d’une combinaison de facteurs : 
Un urbanisme propice aux îlots de chaleur urbains : forte densité, matériaux qui exacerbent la chaleur (béton, asphalte), manque d’espaces verts.
Des logements qui sont souvent des bouilloires : des appartements, souvent plus petits, avec un taux de suroccupation 3 fois plus élevé qu’ailleurs, davantage de nuisances sonores rendant difficile l’aération la nuit, plus de locataires et donc une moindre capacité à engager des travaux.
– Des individus plus vulnérables : en moins bonne santé, des emplois plus exposés à la chaleur et une plus grande assignation à résidence due à un moindre accès aux vacances. Les quartiers populaires subissent une autre couche d’injustice : comme dans les zones rurales, ce sont souvent des déserts médicaux.
 
« Nous rencontrons beaucoup de femmes et d’hommes avec des problèmes de santé, qui s’aggravent avec la canicule. Leur appartement, qui se transforme en étuve, ne les protège pas et peut même aggraver la situation. Bien que de plus en plus de personnes prennent conscience de l’inadaptation des logements aux canicules, les politiques publiques ambitieuses se font dangereusement attendre. C’est ce que nous avons voulu rappeler en attaquant l’État dans le cadre de l’Action des sinistrés climatiques. » déclare Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le Logement.
 
Les demandes de la Fondation pour le Logement
– Renforcer la lutte contre les logements bouilloires dans les programmes ANRU.
– Augmenter le Fonds vert destiné aux collectivités locales pour financer l’adaptation des espaces publics au changement climatique. Son montant a été divisé par 4 en 2 ans.
– Lancer un grand plan d’installation de volets et de brasseurs d’air dans tous les logements d’ici 2040, financé par l’Etat à hauteur d’1,1 milliard d’euros par an, en priorisant les logements sociaux.
– Mettre à l’agenda la proposition de loi transpartisane « Zéro logement bouilloire » de la Fondation pour le Logement, déposée l’année dernière à l’Assemblée nationale par plus de 150 députés.
– Mettre en place des plans « grand chaud », à l’instar des plans grand froid, en ouvrant des places d’hébergement et en renforçant les maraudes. Le risque de décès étant aussi élevé pendant les canicules que pendant les vagues de froid pour les personnes sans abris.


[1] Baromètre Qualitel, 2025
[2] Eurostat
[3] Données exclusives Ignes & Pouget consultants, à paraître.
[4] contre 14 % de logements équipés en 2016, 25 % en 2020.

Logements bouilloires : étude 2026
Logements bouilloires : étude 2026
Angèle Roblot
Chargée de relations médias
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