Ce mercredi 27 mai 2026, la Fondation pour le Logement (anciennement Fondation Abbé Pierre) dépose une intervention volontaire dans l’Action des Sinistrés climatiques devant le Conseil d’État, représentée par le Cabinet Vigo.
En mars 2025, le gouvernement présentait son 3e Plan national d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC 3). Quelques semaines plus tard, les ONG de l’Affaire du Siècle (Oxfam France, Greenpeace France et Notre Affaire à Tous), aux côtés de 10 autres organisations et personnes impactées, ont déposé un recours pour dénoncer l’insuffisance de ce plan et demander sa révision. Elles estiment que ses mesures ne sont manifestement pas à la hauteur de l’ampleur des effets du changement climatique, connus et attendus, et des besoins d’adaptation nécessaires dans plusieurs domaines (agriculture, gestion de l’eau et des forêts, santé…). L’intervention volontaire de la Fondation pour le Logement apporte des arguments complémentaires concernant le logement en général et les personnes mal-logées en particulier. Cyclones, tempêtes, inondations, submersions marines, érosion côtière, fortes chaleurs, feux de forêts et retrait-gonflement des argiles (RGA), etc. Les dégâts seront considérables si l’on ne se prépare pas correctement et rapidement :
- 1 habitant sur 4 vit dans une zone inondable,
- 450 000 logements sont menacés par le recul du trait de côte à l’horizon 2100,
- 1 logement sur 3 se transforme déjà en bouilloire thermique l’été, alors que les températures vont continuer d’augmenter,
- Et plus d’1 maison sur 2 est exposée au risque de RGA[1].`
Face à ces chiffres, les mesures du PNACC 3 sont dramatiquement faibles. Elles n’ont pour la plupart qu’un horizon court-termiste alors qu’elles devraient être stratégiques et structurelles. Les moyens financiers alloués sont aujourd’hui largement insuffisants voire totalement absents. Pour être à la hauteur des enjeux, l’Etat devrait garantir une mise à jour profonde des connaissances, déployer à grande échelle des dispositifs permettant aux logements et à leurs habitants de mieux résister aux conséquences des risques climatiques, adapter les aides incitatives ou encore donner des orientations claires et contraignantes vis à vis des comportements d’acteurs privés et financiers les plus influents, afin d’adopter un plan d’adaptation qui puisse véritablement protéger la population.
Pire, les territoires déjà les plus exposés et les personnes les plus vulnérables aux effets du changement climatique sont profondément négligés : les territoires d’Outre-mer soumis à des phénomènes très graves (Cyclone Chido, par exemple), les personnes sans-abri et habitants de bidonvilles livrés aux aléas climatiques, les habitants de logements bouilloires, les propriétaires démunis qui ne pourront pas adapter leurs biens ou les perdront et ne pourront pas se reloger décemment, etc. Tous les rapports concordent : la situation deviendra rapidement insoutenable pour notre système assurantiel s’il n’est pas profondément réformé pour garantir une solidarité indispensable.
L’adaptation au dérèglement climatique ne peut plus se limiter à un simple ajustement des politiques existantes. Elle nécessite une transformation profonde de la politique du logement qui prenne en compte les injustices sociales, territoriales et le droit au logement.
[1] Fissures structurelles dans les bâtiments qui se créent par la combinaison des sécheresses et des fortes pluies sur des sols argileux.