En Île-de-France, près de 900 000 ménages sont en attente d’un logement social, et plus de 185 000 dépassent des délais considérés comme « anormalement longs », parfois depuis cinq, dix voire quinze ans. Derrière ces chiffres, des trajectoires de vie marquées par une attente prolongée, souvent silencieuse, mais aux effets profonds.
À travers une enquête qualitative menée auprès de ménages franciliens accompagnés par la Fondation et ses partenaires, cette étude met en lumière les conséquences concrètes de cette attente : fragilisation de la santé mentale, tensions familiales, sentiment de relégation et perte de confiance dans les institutions. Elle donne aussi à voir les stratégies de résistance déployées par les personnes pour continuer à faire valoir leurs droits, malgré un système saturé.
« Plus le temps passe, plus c’est catastrophique. Ma femme pensait que j’allais lui offrir une vraie vie de famille… »
En redonnant toute sa place à la parole des personnes concernées, cette étude invite à considérer l’attente comme un enjeu central des politiques du logement. Elle appelle à renforcer la transparence, à garantir des conditions de vie dignes pendant ces périodes prolongées, et surtout à réaffirmer l’accès au logement social comme un droit effectif.