Partout dans le monde, y compris en Europe, des millions de personnes n’ont plus les moyens de se loger : les loyers grimpent en flèche, les hypothèques se multiplient, les logements sociaux et abordables manquent cruellement, quand ils ne sont pas privatisés, et la spéculation immobilière se fait de plus en plus pressante et vorace, tout en étant encouragée par certaines législations européennes.
Pourtant, le logement est un droit fondamental qui se situe à la croisée des problématiques contemporaines : c’est bien souvent le logement qui permet l’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi et garantit l’autonomie de toutes et tous.
Dans ce contexte, les mobilisations citoyennes pour le droit au logement connaissent un nouvel essor. Elles ont gagné de l’ampleur, de l’organisation et de la voix ces quinze dernières années.
Elles se sont organisées pour beaucoup en réaction aux tendances globales depuis la crise de 2008 afin de revendiquer un droit au logement effectif et la justice en matière de logement, en Europe et ailleurs. Ainsi, les mouvements sociaux et les initiatives citoyennes débordent de plus en plus des frontières nationales[1] et visent à penser une société plus juste, en donnant davantage de place aux premiers concernés.
Cette étude vise à mettre en lumière les différents modes de mobilisation de ces mouvements citoyens, les réponses qu’ils apportent localement, au niveau national mais aussi dans l’espace européen ainsi que leurs victoires de l’encadrement des loyers au Pays Basque en passant par la lutte contre les expulsions en Espagne, ou encore le référendum pour la municipalisation des grands bailleurs à Berlin.