La Fondation pour le Logement (anciennement Fondation Abbé Pierre) publie son éclairage sur l’état du mal-logement dans les Hauts-de-France pour l’année 2026. Il analyse l’évolution régionale du mal-logement au cours des six dernières années, qui correspondent aux précédents mandats municipaux et intercommunaux. Il révèle notamment que, malgré quelques avancées sur la rénovation énergétique ou la mise en œuvre du Logement d’abord, les conditions de logement se dégradent pour bon nombre d’habitants de la région.
Une dégradation des conditions de logement pour bon nombre d’habitants
Les Hauts-de-France se placent toujours au second rang des régions les plus pauvres de France : le taux de pauvreté, en augmentation, s’élève à 19 % et atteint même 37 % (Insee) parmi les locataires. Dans le même temps, les coûts du logement (loyer, prix de vente et charges d’énergie) poursuivent leur progression. La production de logement social à faible loyer connaît, elle, une chute de -13 % en six ans.
Ces évolutions ont des conséquences directes pour les personnes :
- Le nombre de foyers en attente d’un logement social (247 500 fin 2025) a augmenté de plus d’un tiers en six ans, faisant perdurer des situations d’hébergement contraint chez des tiers, de surpeuplement ou encore d’habitat indigne.
- Les procédures d’expulsion locative sont plus nombreuses et se concluent plus fréquemment par une expulsion avec intervention des forces de police (2 687 octrois du concours de la force publique en 2025, soit une augmentation de 74 % en six ans).
- Enfin, forme extrême du mal-logement, les personnes sans abri ont de plus en plus de difficultés à accéder à un hébergement : dans la région, plus de 6 000 personnes ont sollicité le 115 en décembre 2025 pour être hébergées. Les trois-quarts des demandes ne donnent pas lieu à une proposition d’hébergement, faute de place disponible.
Les défis à relever pour les nouvelles municipalités
- Réguler le parc de logements, en termes d’offre, de prix et de qualité. Les élus municipaux disposent de plus en plus de leviers pour prévenir l’habitat indigne, tel que le permis de louer, réguler le marché des meublés touristiques et le parc de résidences secondaires et, sous réserve que le dispositif soit prolongé, encadrer les loyers privés dans les zones tendues.
- Accompagner le développement de logements réellement sociaux et prioriser les attributions aux ménages les plus modestes.
- Promouvoir des territoires hospitaliers et lutter contre les exclusions et les discriminations : garantir les droits des personnes sans abri ou mal-logées, améliorer les conditions de vie des personnes en habitat informel, soutenir leur accès au logement, considérer et entendre la parole des personnes en situation de précarité.
« Les constats que nous faisons aujourd’hui plaident pour une action rapide et concrète des nouvelles municipalités en faveur du logement. C’est une urgence de ce début de mandat. Les récents épisodes de chaleur rendent une nouvelle fois manifestes les effets du mal-logement. », affirme Isabelle Fourot, directrice de la Fondation pour le Logement dans les Hauts-de-France.