« Je suis à bout. »

01.04.2026
3 min
Crédit : Seb Godefroy

Mme B. vit avec son mari dans le Xe arrdt de Paris depuis 2006. Après un accident cardiaque, son mari a perdu son emploi, en 2024.

« Après l’attaque cardiaque de mon mari, on a commencé à avoir une dette de loyer. Il fallait faire des choix. Comme nous n’avions pas de mutuelle, il a fallu payer les scanners, les IRM, les radios… tout ça était très cher et le loyer est passé après. Mon mari avait de plus en plus besoin de moi à ses côtés, j’ai donc dû arrêter de travailler. »

En quelques mois, ce couple de locataires, âgé de la cinquantaine, tombe dans la précarité, avec comme seul revenu le RSA bien trop faible pour assurer le paiement des 600 euros de loyer. « On a reçu le jugement d’expulsion le 9 décembre dernier, depuis, c’est l’angoisse. Là, il ne nous reste plus que quelques jours, et bientôt quelques heures avant de se demander quand la police débarquera pour nous mettre dehors… Tout le quartier est au courant, on vit un enfer, je n’ose plus sortir. C’est vraiment dur à supporter et mon mari est de plus en plus déprimé face à cette situation, je ne peux pas le laisser seul, j’ai peur de ce qu’il pourrait faire. »

Pour ne pas sombrer dans la dépression à son tour et depuis le début de leurs difficultés, Mme B. a effectué toutes les démarches qu’elle a pu : un dossier pour l’aide médicale dédiée au handicap (MDPH) a été constitué ; le dossier Dalo a été déposé, tout comme la demande de logement social. Avec enfin une lueur d’espoir depuis peu.

« D’abord, on a appris que l’effacement de notre dette par la Banque de France en février dernier, puis on a enfin reçu une proposition de logement social la semaine dernière, un logement dans le XVIIIe, mais quand j’ai enfin eu le gardien pour prendre rv pour une visite, il m’a dit que ce ne serait pas possible avant le 12 avril prochain. Que fait-on d’ici là ? Et si on se retrouve dehors avec notre chat et notre chien ? Je ne sais plus quoi faire, j’ai même cherché en province… »

Grâce à l’aide de l’Espace Solidarité de la Fondation qui a suivi le couple dans toutes ses démarches, une demande d’audience auprès du Juge de l’exécution a été effectuée pour obtenir un délai de maintien dans le logement. Mais l’audience n’aura pas lieu avant le mois de mai…

« Heureusement que l’on m’a aidée pour tous les papiers et dossiers administratifs… mais ça ne soulage pas l’anxiété et la souffrance psychologique. Je suis à bout. »

Avant le 31 mars, l’assistante sociale du couple est à la recherche de deux places en hébergement d’urgence, mais avec des animaux, cela risque de prendre du temps. Un temps d’attente que la fin de la trêve hivernale ne permet plus.