À la rue, ce qui tue, c’est la rue !

03.11.2026
3 min

La Fondation lance aujourd’hui sa nouvelle campagne d’hiver, « À la rue, ce qui tue c’est la rue ! ». Un film très court et impactant qui témoigne de la violence de la rue qui fait plus de 1 000 morts par an.

TV, presse, affichage, digital… cette nouvelle campagne inédite de la Fondation a été produite par l’agence Rosa Paris, réalisée par le cinéaste canadien Jonathan Desbiens, plus connu sous le nom de Jodeb et incarnée par l’actrice Jade Fehlmann.

Questions à Jonathan Desbiens et Jade Fehlmann

Jodeb (réalisateur) 

J’ai tout de suite été saisi par la franchise du scénario. Quelque chose dedans m’a profondément bouleversé.

Sensibiliser le public à la cause des sans-abri est difficile, et ces campagnes misent trop souvent sur la culpabilité et l’émotion brute. Rosa et La Fondation ont fait preuve de courage avec ce film : aucune voix off ne vous dicte quoi penser. Sa force ne tient pas à sa première lecture, très simple et limpide, mais à ce qui vient après, quand on commence à se demander ce qui nous a touchés.

A-t-on seulement le droit de faire un film pareil ? Est-ce juste ou pas ? Réel ou non ? Peu importe la réponse, on ne peut pas s’empêcher de penser à cette personne, qu’on ait eu le sentiment de la voir humanisée ou déshumanisée sous nos yeux.

J’aime que le film nous pousse à questionner non seulement le sujet, mais aussi la façon dont on nous le montre. »

« Le plus grand défi a été de faire passer un message fort à travers le film tout en conservant un certain style visuel sans sacrifier le réalisme. J’ai dû trouver le bon équilibre entre la mise en scène, le rythme et les choix de caméra assez stylisés, tout en restant fidèle et respectueux de ce que signifie vivre dans la rue. C’est d’ailleurs ce qui a rendu ce projet si passionnant à mes yeux. »

« La scène de la blessure a été la plus difficile à réaliser, car une blessure nécessite un contexte spécifique pour être pleinement comprise et ressentie. Il est difficile de montrer clairement à la fois l’accident et ses conséquences en seulement trois secondes, surtout avec un angle de prise de vue subjectif. Mais je pense que nous y sommes parvenus ! »

Jade Fehlmann (actrice)

« Il est rare, pour une actrice, de jouer une morte du début à la fin. J’ai passé des heures allongée au sol, immobile, dans la peau d’un cadavre. Heureusement, j’étais entourée d’une équipe formidable qui m’a portée tout au long du tournage.

La souffrance de la rue me touche profondément. En tant que femme d’abord, parce que les femmes y sont particulièrement exposées. Mais aussi parce que personne n’est à l’abri. Je passe chaque jour devant un centre d’accueil près de chez moi, et récemment, la vue d’une femme enceinte à sa porte m’a brisé le cœur.

Si ce rôle peut rendre visible la violence que vivent les personnes sans-abri et faire réagir ceux qui le verront, j’aurai le sentiment d’avoir apporté ma petite pierre au travail essentiel de la Fondation pour le Logement. »