Nouveau record d’expulsions locatives : l’expulsion est la pire des solutions

26.03.2026
3 min

En 2025, 30 500 expulsions ont eu lieu. Largement sous-estimée, cette réalité concerne bien plus de personnes, puisque deux à trois fois plus partent d’elles-mêmes, de peur d’une expulsion par la force. Près de 200 000 personnes ont subi ce traumatisme en 2025. Une augmentation de 25 % !

Vivre une expulsion est un traumatisme. En effet, l’expulsion est un bouleversement qui a des conséquences graves sur la santé psychique et physique, la vie professionnelle ou encore la scolarisation des enfants. Un à trois ans après une expulsion, un tiers des ménages n’a pas retrouvé de solution durable de logement un an après (et même parfois jusqu’à trois ans). Ces dizaines de milliers de familles viennent grossir les rangs des personnes toujours plus nombreuses en attente d’un logement social ou d’un hébergement d’urgence. Faute d’accéder à une solution pérenne, ces ménages se retrouvent alors hébergés chez des tiers, comme 600 000 personnes déjà, ou contraints de vivre dans leur voiture ou à la rue.

Avec notre réseau Accompagnement aux droits liés à l’Habitat, la Fondation pour le Logement (anciennement Fondation Abbé Pierre) alerte les autorités depuis 2020 de la forte précarisation des locataires modestes, dans un contexte d’aggravation de la crise du logement.

La logique de prévention des expulsions qui a prévalu au moment de la crise sanitaire a été oubliée au profit de la sanction, y compris pour des ménages vulnérables, sans alternative de logement ou même d’hébergement. En effet, la loi dite Kasbarian de juillet 2023 produit des effets dévastateurs facilite et accélère les expulsions locatives, comme nous le constatons quotidiennement au sein de la plateforme de la Fondation « Allô Prévention Expulsion »1 (bilan 2025) et de notre lieu parisien d’accès au droit, l’Espace Solidarité Habitat.

Un plan de prévention des expulsions avait été initié par sa prédécesseuse Valérie Létard, mais l’actuel ministre du Logement Vincent Jeanbrun semble l’avoir abandonné. Il reste de surcroît silencieux face à ce drame social et annonce même vouloir durcir encore la législation vers davantage de répression. 

« Il est urgent de revenir à une logique de prévention des expulsions digne de ce nom, d’encadrer les loyers, de revaloriser les APL, de produire suffisamment de logements sociaux et de respecter la loi – notamment en relogeant les 100 000 ménages reconnus prioritaire DALO encore en attente. Il en va de la responsabilité de l’État et de notre cohésion sociale. » conclu Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le Logement.

1 Numéro vert de la Plateforme « Allô Prévention Expulsion » : 0 805 299 049

Angèle Roblot
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