L’édito du 4 février

04.02.2026
3 min

Chers Amis,

Vous le savez, la Fondation a présenté son 31e rapport annuel sur l’état du mal-logement ce mardi 3 février. L’année 2025 a encore été une année très difficile sur le front du logement, avec des niveaux historiquement bas de construction, un nombre très faible de nouvelles attributions de logements sociaux malgré une demande en forte hausse et des coupes budgétaires importantes sur les APL. Les expulsions locatives atteignent un nouveau record et de trop nombreuses personnes sont contraintes de vivre dans la rue malgré leur appel au numéro d’urgence 115…

Au total on compte 4,2 millions de personnes mal logées auxquels il faut ajouter 12,3 millions de personnes confrontées à des difficultés importantes (ménages en situation de précarité énergétique, d’impayés de loyers…).

Dans cette édition 2026, la Fondation met en avant une facette du mal-logement peu connue et qui reste souvent invisible : l’hébergement contraint chez des tiers qui concerne environ600 000 personnes en France. Ne pas avoir de « chez soi », d’intimité, se faire le plus petit possible pour ne pas déranger, dormir sur un canapé ; voir ses affaires éparpillées chez les uns et les autres ; être soumis à des horaires et à des contreparties de toutes sortes pour satisfaire l’hébergeur… Cette forme de mal-logement, qui sert d’amortisseur de crise pour un nombre croissant de personnes, affecte durement le quotidien, en particulier de jeunes à faibles ressources, de familles monoparentales (et donc aussi leurs enfants) mais aussi de personnes âgées confrontées à des ruptures et à une insuffisance de ressources pour pouvoir se loger dans de bonnes conditions.

Autre sujet phare de notre rapport 2026, les élections municipales qui se dérouleront dans un peu plus d’un mois. L’enjeu est de taille car si toutes les communes ne sont pas touchées de la même manière, toutes sont concernées. Les zones tendues sont en première ligne avec une augmentation du nombre de personnes sans domicile, du surpeuplement, des files d’attente qui s’allongent pour accéder au logement social. Pour autant dans les zones peu tendues, d’autres problèmes persistent : désertification des centres-villes, dégradation d’un bâti ancien, inadaptation des logements au vieillissement. Les maires ont donc un rôle important à jouer et le rapport montre qu’une action résolue dans ce domaine porte ses fruits. C’est pourquoi la Fondation lance un appel solennel à tous les candidats et candidates, futurs élus, afin de leur demander de faire de la question du logement l’un des chantiers prioritaires de leur mandat. 

Plus que jamais, la Fondation se tiendra aux côtés des personnes mal logées pour faire entendre leurs voix. Et rappeler que le logement est un besoin vital et un droit fondamental.