Ce mercredi 10 juin 2026, la Fondation pour le Logement, anciennement Fondation Abbé Pierre, publie son éclairage régional sur le mal-logement en Auvergne-Rhône-Alpes. Alors que les équipes municipales prennent leur fonction, la Fondation saisit cette opportunité pour s’adresser aux élus locaux et rappeler le rôle décisif qu’ils jouent dans la lutte contre le mal-logement, le sans-abrisme et les inégalités sociales.
Dans son éclairage régional, la Fondation pour le Logement met en lumière la dégradation des indicateurs du mal-logement au cours des dernières années :
- l’effondrement de la production de logement, au plus bas depuis 25 ans (seulement 33 100 logements commencés en 2025 contre 50 060 en 2019), et la chute de près de 25% de l’offre de logements sociaux très abordables (PLUS-PLAI) entre 2019 et 2025,
- près de 300 000 ménages en attente d’un logement social dans la région (soit 78 000 de plus qu’en 2019) tandis que les délais d’accès continuent de s’allonger,
- les difficultés croissantes pour de nombreux ménages à se loger correctement dans le parc locatif privé,
- des dizaines de milliers de personnes privés d’un logement (plus de 24 000 dans la seule Métropole de Lyon en 2024) alors même que les solutions provisoires d’hébergement sont saturées,
- et l’aggravation de la précarité dans les territoires ruraux comme urbains.
« Le travail mené ici nous rappelle que le logement pour tous et toutes n’est pas seulement une question technique ou immobilière. En effet, la crise du logement a des répercussions dévastatrices sur les personnes qui en sont victimes. Car, ne pas réussir à se loger convenablement ou subir des conditions de vie difficiles à cause de son logement est une entrave à une vie digne. Et cela est inacceptable ! », s’indigne Vanessa Brossard, directrice régionale de la Fondation pour Le Logement.
A partir d’entretiens réalisés avec une douzaine d’élus locaux de la région Auvergne-Rhône-Alpes, le rapport de la Fondation expose les enjeux et les difficultés auxquels ces élus sont confrontés. Malgré tout, il démontre que les communes conservent des leviers d’actions importants.
Ce pouvoir d’agir repose sur des prérequis indispensables à une action concertée et efficace :
- une volonté politique claire et le refus de toute forme d’exclusion,
- un travail de proximité avec les habitants,
- une capacité à tenir un discours réaliste sur le logement,
- et une mobilisation cohérente des outils existants.
« Ce que nous observons n’est pas seulement une crise du logement, c’est une crise de l’hospitalité territoriale et de la cohésion sociale. Les élus locaux doivent être des traits d’union en fédérant les habitants, en s’appuyant sur les ressources et les acteurs présents sur leur territoire. », conclut Vanessa Brossard.
A partir de son expérience et dans la perspective des nouveaux mandats municipaux, la Fondation pour le Logement demande aux élus locaux de mettre tout leur pouvoir d’agir en œuvre pour améliorer l’accès des personnes à un logement adapté à leurs besoins et faire des villes un territoire accueillant et solidaire.