La Fondation pour le Logement dévoile ce 3 février son nouveau rapport sur « l’état du mal-logement en France »

02.02.2026
4 min

2025 aura été une année noire sur le front du mal-logement. Des records d’expulsions locatives, de précarité énergétique, d’embolie du logement social et de l’hébergement d’urgence, près d’un million de personnes sans logement personnel, 350 000 personnes sans domicile… tous les indicateurs se dégradent et la réponse politique est loin d’être à la hauteur. C’est dans ce contexte particulièrement alarmant que la Fondation pour le Logement des Défavorisés (anciennement Fondation Abbé Pierre) dévoile ce 3 février son nouveau rapport sur « l’état du mal-logement en France ».

Être hébergé chez un tiers : un mal-logement invisible

Dans ce 31e rapport, la Fondation a choisi d’analyser la situation des personnes hébergées chez un tiers. Près de 600 000 personnes seraient concernées1, vivant de manière contrainte dans le logement d’un tiers, faute de logement autonome. Invisible, cette forme de mal-logement repose sur la seule solidarité familiale ou amicale et entraîne des conséquences parfois graves pour les hébergés, mais aussi pour ceux qui les accueillent.

Soumises à une grande précarité, les personnes hébergées chez un tiers – majoritairement des jeunes, des familles monoparentales, des personnes migrantes ou aux ressources très faibles – n’ont ni sécurité résidentielle, ni autonomie et sont exposées à la violence et à l’exploitation. Elles peuvent être contraintes de partir à tout moment, vivent souvent dans des logements sur-occupés et subissent une forte instabilité sociale, familiale et professionnelle.

L’hébergement chez un tiers est une réponse par défaut aux insuffisances des politiques du logement, notamment au manque de logements accessibles et de solutions pérennes. Il ne doit donc pas être considéré comme une solution, mais bien comme un signal d’alerte sur la crise du logement.

Municipales 2026 : des élections décisives face au mal-logement

Les élections municipales de 2026 vont constituer un moment-clé dans la lutte contre le mal-logement, un fléau qui touche toutes les communes sous des formes variées. Dans son rapport, la Fondation pour le Logement met en évidence la pertinence de l’échelle locale et les marges de manœuvre dont disposent communes et intercommunalités.

De nombreuses communes ont montré qu’une action volontariste sur le front du logement porte ses fruits, que ce soit grâce à l’encadrement des loyers, ou en adoptant une politique de construction équilibrée et ambitieuse.

La Fondation pointe aussi les risques politiques qui se jouent à l’occasion de ces élections municipales. La montée en puissance des idées d’extrême droite constitue une menace pour les personnes mal-logées, à travers la réduction du logement social ou des pratiques discriminatoires, et un danger de voir se démultiplier les personnes exclues ou à la rue.

Une année de reculs, entre austérité et stigmatisation

Enfin, comme chaque année, le rapport porte aussi un regard sur les politiques du logement. 2025 a été marquée par une forte instabilité politique et l’absence de vision claire en matière de logement, empêchant toute action publique cohérente et durable. Les interminables débats budgétaires ont notamment conduit à des coupes dans les APL, et au désengagement de l’État dans la rénovation énergétique et l’hébergement. Le logement social, déjà fragilisé, voit sa production ralentir et son modèle économique menacé, alors même que les besoins explosent.

« Quand les indicateurs du mal-logement se dégradent tous, que la pauvreté et les inégalités atteignent des sommets, les mesures ponctuelles et marginales ne sont pas suffisantes pour inverser la tendance et être en capacité de répondre à la crise du logement et à la montée des précarités. Après des années de renoncements, il devient impératif de rehausser significativement l’ambition des politiques sociales et du logement. », alerte Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le Logement.

1 Selon les données issues de l’Enquête Nationale Logement 2020

Rapport etat du mal-logement 2026
Rapport etat du mal-logement 2026
REML 2026. Dossier de synthèse
REML 2026. Dossier de synthèse
Angèle Roblot
Chargée de relations médias
[email protected] 06 23 25 93 79
Chloé Mola
Assistante de relations médias
[email protected] 06 23 80 87 31
Alice Dekker
Attachée de presse
[email protected] 06 16 58 21 60