« Initier et encourager les avancées humaines »

520 partenaires associatifs, 719 projets soutenus l’an dernier… Comment qualifier l’action de la Fondation de manière globale ?
21.01.2026
4 min
Crédit : Yann Levy

La Fondation s’est donnée pour vocation d’agir avec les personnes en difficulté et de transformer la société. Cela dure depuis 30 ans. Réparer les causes et les conséquences du mal-logement, construire des réponses et les perfectionner dans la durée, agir dans les territoires déclassés… c’est à cela que nous nous attachons dans chacune de nos actions. Prenons l’exemple de notre réseau des Boutiques Solidarité, dont la première a été créée en 1991, à Marseille. L’accueil inconditionnel et la gratuité des services sont bien sur toujours d’actualité dans les 40 lieux que nous finançons aujourd’hui, mais il ne s’agit pas seulement de proposer un café, de l’écoute et des services de première nécessité, en offrant la même chose le lendemain. Dans ces lieux d’accueil bien identifiés et reconnus, les personnes créent chaque jour du lien ; elles accèdent petit à petit à leurs droits, elles partent quelques jours en vacances et participent à des activités sportives et de loisirs, elles prennent la parole dans le cadre de collectifs et s’expriment artistiquement. De même, les cafés et les laveries solidaires, les ateliers de bricolage dans les quartiers populaires que nous soutenons, démontrent que l’inclusion de toutes et tous est non seulement possible, mais qu’elle change surtout les regards portés sur ces personnes et finalement, leurs destins.

Et dans la production de logements, une telle démarche est-elle possible ?

Oui, nous le pensons. Lorsque la Fondation participe à la création de logements très sociaux, comme les Pensions de famille, elle fait confiance aux habitants et aux hôtes qui les font vivre. Ces lieux de vie sont ouverts sur la ville, participent à la vie locale et les habitants créent là aussi des liens dans la Pension et au dehors. L’an dernier, plus d’une Pension sur 4 en France a été financée par la Fondation pour le Logement, et nous avons collectivement obtenu une rémunération plus juste des hôtes qui les animent, de la part de l’État, ce qui est une victoire en soi. Nous faisons de même depuis 2020, pour promouvoir des habitats collectifs, à destination des personnes en errance,  et prendre le relai de la société civile qui est souvent la première à se mobiliser dans les territoires. Les valeurs de solidarité, d’optimisme que portent la Fondation sont partagées, c’est formidable de voir que l’on invente des solutions au niveau local. Notre rôle est aussi de montrer que de telles initiatives fonctionnent ; pour que demain la puissance publique s’en inspire et les soutienne à son tour. Nous voulons montrer que l’important, ce n’est pas tant le résultat quantitatif – qui peut prendre du temps et il faut se l’accorder – que l’avancée humaine. 

Agir au plus près des besoins implique d’être au plus proche des réalités, comment faire ?

L’ancrage territorial est une nécessité. Qu’il s’agisse de produire du logement accessible à tous, de lutter contre l’habitat indigne ou d’accompagner des personnes, notre objectif, grâce à l’équipe nationale et aux 9 agences régionales de la Fondation, est de développer des solutions que l’on puisse essaimer ; d’apporter un modèle qui soit reproductible ailleurs et qui se démultiplie, porté par les personnes mal logées elles-mêmes, les partenaires locaux, associatifs et institutionnels. Prenons l’exemple des permanences d’accès aux droits liés au logement, elles permettent d’accompagner environ 14 500 ménages en difficulté chaque année. Ce réseau s’est aujourd’hui développé partout sur le territoire, sous l’impulsion de la création il y a 20 ans, de la plateforme « Allô Prévention Expulsion », inédite en France, à l’époque. Là encore, c’est en écoutant et en recueillant la parole des personnes en difficulté au téléphone, que nous avons lancé et développé ce réseau de défense des droits des personnes mal logées, avec nos partenaires. Sans relâche, nous explorons, nous cherchons à améliorer toute nouvelle forme de réponse au mal-logement.