Dans le contexte d’un enlisement de la crise du logement et d’une production en berne, la Fondation pour le Logement en Occitanie présente son éclairage régional mené en partenariat avec le master 1 Urbanisme et Aménagement de l’université de Montpellier Paul Valery. Il porte sur les obligations de la loi ZAN « Zéro Artificialisation Nette ». Les enjeux environnementaux et sociaux étant nécessairement liés, il est aussi l’occasion de s’interroger sur les modes de production et sur les priorisations à opérer.
Une crise du logement qui s’aggrave et un besoin impératif de produire du logement social
Tous les voyants du mal-logement sont au rouge, qu’il s’agisse des difficultés d’accès, des mauvaises conditions d’habitat ou encore du blocage des parcours résidentiels. En effet, en Occitanie, 217 915 demandes de logement social ont été enregistrées en 2025, un chiffre en hausse de plus de 6 % par rapport à 2024. Seuls 14,2 % de ces ménages demandeurs ont obtenu l’attribution d’un logement en 2025. La situation du logement social continue de se dégrader et la production persiste à ignorer les besoins des ménages. En effet, alors que plus de 70 % des demandeurs ont des ressources inférieures au plafond de loyer le plus social (PLAI), la production, quant à elle, se concentre sur les logements PLUS et PLS avec des conséquences directes sur les ménages qui risquent de se trouver en difficulté pour assumer leur loyer et sur les bailleurs sociaux qui se voient quelquefois contraints de baisser leur quittancement.
« L’an dernier nous avons cherché à collecter les arguments des élus dans des communes déficitaires au titre de la loi SRU, de comprendre pourquoi ces communes ne répondaient pas à leurs obligations. La raison souvent mise en avant était la loi ZAN comme principal frein à la production de logements sociaux. Nous avons donc décidé de poursuivre le travail en cherchant à identifier des leviers pour produire autrement, tout en répondant aux exigences de cette loi. » détaille Sylvie Chamvoux, directrice de la Fondation pour le Logement en Occitanie.
Les exemples de trois petites villes de l’Hérault face à l’équation complexe de la sobriété foncière et de la solidarité
Pour mieux identifier les mécanismes, trois communes du département de l’Hérault, à savoir Poussan, Castries et Saint-André-de-Sangonis, ont été sélectionnées pour leur engagement dans une réflexion sur la sobriété foncière, avant d’être étudiées. Face à la tension entre sobriété foncière et besoins en logements s’adapter ne suffit plus. Cette étude a permis de montrer qu’il est possible d’imaginer un nouveau modèle d’aménagement en optimisant le foncier, en réhabilitant les centres anciens ou en densifiant tout en créant des espaces collectifs mutualisés pour plus de solidarité.
« Depuis 2021, la loi ZAN est régulièrement attaquée. Il n’en reste pas moins que des élus réussissent à garder le cap et travaillent à répondre concrètement en conjuguant ambition écologique et justice sociale. », conclut Sylvie Chamvoux.
Le logement dans les municipales à Montpellier à 2026
Dans la continuité de ce travail, la Fondation pour le Logement a souhaité donner la parole à des candidats à la mairie de Montpellier, ce jeudi 26 février 2026, au Corum à Montpellier, pour débattre de leur programme autour du logement et de la possibilité de concilier un urbanisme plus résilient et la production de solutions de logements pour tous. À la veille des élections municipales la Fondation pour le Logement souhaite rappeler que la lutte contre le mal-logement devra figurer au centre des engagements de chacun des candidats.