« Nous entendons parler de plus en plus de précarité énergétique. Nous rencontrons les personnes les plus vulnérables face à cette question essentielle qui ne trouve pourtant que peu de soutien auprès des pouvoirs publics », précise Valentin Gueneau, l’un des fondateurs de l’association.
L’an dernier, « Des kilomètres de câbles » a réalisé 25 interventions, du diagnostic dans un bidonville à l’électrification d’un immeuble occupé, en passant par des actions de réduction des risques dans un hangar abritant des installations informelles.
Chacune d’elle partage un point commun : une exigence de sécurisation et une volonté d’implication des habitants. « Notre zone d’activité principale se situe dans le département de Seine-Saint-Denis, où nous connaissons bien le terrain et les besoins, mais nous avons aussi créé des liens au niveau national. Nous souhaitons en effet que cette expérience puisse nourrir des réflexions plus globales impliquant les différents acteurs qui travaillent sur ces questions », précise Valentin.
L’association s’emploie en effet à transmettre des outils pédagogiques à tous les habitants et à partager sa démarche avec l’ensemble des acteurs concernés, informels, associatifs ou institutionnels.
À Montpellier, elle projette d’intervenir dans un bidonville pour y installer un bloc sanitaire, en association avec les habitants et la Cimade ; à Nantes, elle a répondu à la sollicitation de la Métropole qui souhaite réduire les risques électriques, dans le cadre de sa politique de résorption des bidonvilles. Autre exemple, dans une autre municipalité où l’association a entièrement remis aux normes l’électricité dans un immeuble occupé par une vingtaine de mineurs isolés, après que le maire se soit engagé à prendre l’abonnement si de tels travaux étaient réalisés.
« Les pratiques et les conditions de vie ne sont pas celles d’un logement de droit commun, mais l’objectif reste le même : améliorer les conditions de vie et d’habitat et faire bouger les lignes. Bien que le droit à l’électricité fasse partie de l’objectif à valeur constitutionnelle qu’est le droit à un logement décent, il reste loin d’être garanti pour tous et toutes. »
Agir en toute liberté
Si certaines interventions sont financées par les collectivités locales, la majeure partie d’entre elles ne le sont pas. Grâce à la dépose de matériaux sur les chantiers de démolition et au travail de reconditionnement effectué par ses bénévoles, l’association est capable d’agir et de porter ses projets avec une relative autonomie , sans se substituer à la puissance publique. « Les soutiens de nos partenaires tels que la Fondation pour le logement, nous permettent de solidifier notre action et de gagner en rapidité d’exécution », note Valentin.
En 2024, les membres de « Des kilomètres de câbles » ont soutenu 900 habitants de lieux de vie informels ou vivant en habitat insalubre, leur permettant un meilleur accès à l’électricité et retrouvant leur dignité en participant à la construction d’un habitat plus sûr.