À Gagny, des personnes sans domicile défendent leurs droits

09.02.2026
4 min

Depuis l’automne 2025, la Fondation pour le Logement des Défavorisés mène à la Boutique Solidarité de Gagny une série d’ateliers avec des personnes sans domicile, autour de la Déclaration des Droits des Personnes sans Abri, signée par le Département de la Seine-Saint-Denis en avril 2025. L’objectif est de donner la parole aux personnes concernées pour identifier les droits qui restent trop souvent théoriques et formuler des propositions concrètes.

En novembre, deux ateliers ont permis aux personnes accueillies de découvrir ou rediscuter les 14 articles de la Déclaration. Ensemble, elles ont mis en avant les droits à rendre prioritaires : le droit au logement, l’hébergement, la domiciliation, le respect des biens, la confidentialité des échanges et l’accès aux besoins fondamentaux (hygiène). Les échanges ont aussi fait émerger une réalité partagée : la nécessité, pour beaucoup, de cacher leur condition de sans domicile afin d’éviter la stigmatisation.

Le 15 janvier 2026, une nouvelle rencontre a été organisée à Gagny avec des représentants du Service Solidarité Logement et du Service Social du Département de la Seine-Saint-Denis. Après un temps de préparation collective, les personnes sans domicile ont présenté elles-mêmes leurs doléances difficultés et propositions.

Interpeller les communes qui ne respectent pas la loi

Parmi les demandes fortes : davantage de solutions de logement et d’hébergement, plus de bagageries et domiciliations accessibles, une meilleure confidentialité dans les services et un accès digne à l’hygiène.

À l’issue des échanges, le Département a pu rappeler la répartition des compétences entre les différents acteurs institutionnels en rappelant qu’il est notamment compétent en termes d’accompagnement social.  Il s’est dans ce cadre engagé à poursuivre le travail sur la domiciliation pour améliorer les pratiques et à poursuivre ses travaux sur l’amélioration de l’accueil des ménages au sein de ses services.  

Il a également indiqué qu’il menait une réflexion sur la domiciliation dont l’organisation relève de l’État, afin d’améliorer les pratiques. Le Département s’est aussi engagé à revenir dans six mois pour faire un point sur les actions mises en œuvre dans le cadre de la Déclaration.

Hakima, 46 ans, a vécu plusieurs mois dans la rue et est actuellement en Centre d’hébergement et de réinsertion sociale. Accueillie à la Boutique Solidarité de Gagny, elle a participé à deux ateliers. 


« Moralement et physiquement, la rue, c’est très difficile au quotidien. Dans ces ateliers, j’ai apprécié de pouvoir partager ce que j’avais vécu avec d’autres personnes ; de pouvoir témoigné que j’en étais sortie et cela, grâce au soutien de la Boutique Solidarité. Franchement, j’ai connu d’autres accueils de jour, mais c’est vraiment à la BS de Gagny que je me suis sentie le mieux, que je me suis sentie écoutée et accompagnée, c’est elle qui m’a remotivée et donné la force et le courage. La charte des Droits des personnes sans abri, c’est très important. Il faut faire respecter les droits des plus démunis… pour moi, ce qui est le plus important, quand on se retrouve dans la rue, c’est d’avoir une adresse de domiciliation et un casier pour pouvoir déposer ses affaires. C’est une priorité. »

Ces ateliers rappellent une évidence : les personnes sans domicile sont les mieux placées pour dire ce qui doit changer. Pour la Fondation pour le Logement, faire vivre la Déclaration des Droits des Personnes sans Abri passe avant tout par l’écoute, le dialogue et la reconnaissance de cette parole essentielle.

la Déclaration des Droits des Personnes sans Abri détaillé
la Déclaration des Droits des Personnes sans Abri détaillé