A quelques semaines de l’extinction de l’encadrement des loyers, prévue en novembre 2026 si aucune loi n’est adoptée d’ici-là, la sixième édition du baromètre de l’encadrement des loyers de la Fondation pour le Logement (anciennement Fondation Abbé Pierre) est inquiétante.
D’après nos données portant sur plus de 10 000 annonces parues entre août 2025 et août 2026, le dispositif plébiscité par les locataires, appliqué dans près de 70 communes, est respecté de manière de plus en plus inégale par les bailleurs selon les territoires.
L’écart continue même de se creuser. L’évolution la plus inquiétante est la hausse spectaculaire à Paris des bailleurs qui dépassent le loyer-plafond, passant de 31 à 46 % en un an, un record pour la capitale. En banlieue parisienne, les tendances négatives de l’an dernier se confirment à Est-Ensemble (36 % de loyers proposés au-dessus des plafonds légaux) et surtout à Plaine-Commune (61 %).
A l’inverse, les résultats s’améliorent encore dans les métropoles en région en particulier à Montpellier (12 % seulement de loyers proposés au-dessus des plafonds légaux), Bordeaux (17 %), Lille (25 %) et Lyon-Villeurbanne (26 %). Quant aux entrants récents, ils affichent des résultats en amélioration, avec 30 % de dépassements de loyers au Pays basque et 43 % à Grenoble.
Au total, dans l’ensemble des villes analysées, 37 % des annonces dépassent les plafonds de loyers, un chiffre en hausse de 5 points par rapport à 2025, et de 9 points par rapport à 2024. La dégradation cette année est la plus marquée dans les logements loués vides, par les particuliers et à Paris. Les dépassements de loyer sont donc plus fréquents, même si leur montant moyen se réduit clairement (passant en un an de 192 € à 159 €).
L’heure est désormais à la prolongation de l’encadrement des loyers qui, comme l’a promis le gouvernement, devrait être débattue in extremis au Sénat en octobre 2026. « Nos chiffres montrent qu’au-delà de l’enjeu essentiel de la pérennisation du dispositif, il est impératif de faire respecter son application, sujet pourtant totalement négligé par le gouvernement. Il est primordial de faire en sorte que tous les bailleurs privés et les professionnels de l’immobilier respectent enfin la loi et protègent les locataires face au logement trop cher. », demande Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le Logement.