31e rapport sur l’état du mal-logement en france en 2026

L’année 2025 a encore été une année noire pour le logement. Après des années d’abandon par l’État, le logement est engagé dans une spirale inquiétante. Quand les indicateurs du mal-logement se dégradent tous, que la pauvreté et les inégalités atteignent des sommets, des mesures ponctuelles et marginales ne suffiront pas à résoudre la crise du logement.
29.01.2026
Mis à jour le 02.02.2026
4 min
Crédit : Crédit Photo : Pierre Faure

L’année 2025 a encore été une année noire pour le logement. Après des années d’abandon par l’État, le logement est engagé dans une spirale inquiétante. Quand les indicateurs du mal-logement se dégradent tous, que la pauvreté et les inégalités atteignent des sommets, des mesures ponctuelles et marginales ne suffiront pas à résoudre la crise du logement.

Dans la période actuelle, l’approche de la question du logement par les responsables politiques est trop souvent réduite à des préoccupations budgétaires.

Depuis une dizaine d’années, le logement est considéré comme un gisement d’économies et, de fait, les ponctions financières sur le secteur ont été considérables depuis 2018.

Le résultat est sans appel : la part de la richesse nationale consacrée au logement est en chute libre alors que le logement est un secteur dans lequel on peut difficilement faire plus avec moins.

Etre hébergé chez un tiers, un mal-logement invisible

Selon les chiffres du mal-logement de la Fondation, basés sur l’enquête logement de l’Insee, plus de 643 000 personnes vivaient en 2013 en hébergement contraint chez un tiers, faute de ressources ou de logement autonome (+ 20 % par rapport à 2002).

Ce groupe comprend un « noyau dur » de personnes de 17 à 59 ans hébergées par des personnes sans lien de parenté direct, mais souhaitant décohabiter, auquel s’ajoutent les hébergés de plus de 25 ans qui, après une période de vie en logement, reviennent habiter chez leurs parents faute de pouvoir accéder à un logement, et les personnes de plus de 60 ans hébergées chez un tiers sans lien de parenté direct. À ce périmètre sont ajoutés les enfants non étudiants de plus de 25 ans qui demeurent chez leurs parents sans avoir encore jamais pu décohabiter faute de moyens pour le faire.

De manière générale, sans prendre en compte les raisons de cette cohabitation, 590 000 personnes étaient hébergées chez des amis, cousins, oncles et tantes ou chez leurs propres enfants (hors parents) en 2020, contre 513 000 en 2013 ; soit une augmentation de 15 % en sept ans.

« On est souvent fatigué, on est 10 dans la maison, des fois c’est compliqué pour dormir, parce que c’est trop petit ou bruyant. »
Haviva, 6 ans, et sa mère, hébergées chez un tiers dans l’Isère

La multiplication des séparations conjugales, la hausse du nombre de familles monoparentales, la dégradation du pouvoir d’achat, la progression du chômage et la multiplication des emplois précaires nourrissent directement un recours toujours plus important à l’hébergement chez des tiers.

Cette précarité économique s’accompagne d’une paupérisation des ménages modestes : l’Insee estime qu’en 2023, 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté, soit 15,4 % de la population, un chiffre en hausse continue depuis la crise sanitaire.

Enfin, un autre facteur de précarisation résidentielle, est l’irrégularité administrative. Le durcissement des politiques migratoires rend la régularisation de plus en plus hors de portée pour de nombreuses personnes exilées.

Outre le panorama de réponses associatives et publiques à l’accompagnement des personnes hébergées chez des tiers que présente la Fondation dans ce chapitre, elle souligne que la massification de cette forme de mal-logement incite à réclamer des solutions structurelles :

  • Renforcer la reconnaissance institutionnelle et le suivi.
  • Développer des dispositifs d’accompagnement et de régulation.
  • Développer des actions qui ont fait leurs preuves afin d’enrichir sur un territoire la gamme des solutions possibles.

Élections municipales

Ce rapport consacre un chapitre aux solutions entre les mains des élus communaux. Même dans un contexte national peu favorable, des marges de manœuvre existent localement pour accueillir dignement les personnes en détresse, déployer le plan Logement d’abord, respecter la loi SRU en planifiant la production de logements sociaux là où ils manquent le plus cruellement sans artificialiser les sols à outrance, lutter contre la précarité énergétique et l’habitat indigne et encadrer les meublés touristiques et les loyers pour ramener un peu d’équilibre sur le marché immobilier.